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Sujet corrigé de note de synthèse du concours de rédacteur territorial

Mise à jour :

Avatar de Pierre Laruscade

rédigé par Pierre Laruscade, formateur et lauréat aux concours d’attaché territorial, de rédacteur principal 2ème classe, d’adjoint administratif principal 2ème classe.

Ce sujet corrigé note de synthèse rédacteur territorial porte sur une épreuve réelle de la session 2025 consacrée à la qualité alimentaire dans la restauration scolaire. À partir du dossier proposé au candidat, il montre comment sélectionner et organiser les informations avant de construire la réponse.

Quel est le sujet de note de synthèse proposé au concours de rédacteur territorial ?

Le sujet porte sur la qualité alimentaire dans la restauration scolaire. Le candidat est placé dans la situation professionnelle d’un responsable du service de restauration scolaire d’une commune de 10 000 habitants.

Quel est le contexte et la commande ?

À partir du dossier documentaire, il doit rédiger une note à l’attention de la directrice de l’éducation.

La commande comporte deux attentes principales :

  • définir et présenter le contexte de la qualité alimentaire dans la restauration scolaire ;
  • présenter des solutions existantes à partir des retours d’expérience d’autres collectivités territoriales.

Mon conseil pédagogique : la commande de cette épreuve de note de synthèse est courte. Lisez-la deux fois. À la deuxième lecture, surlignez 3 à 4 mots-clés qui permettent de définir et de délimiter précisément la thématique.

Quelle est la principale difficulté de ce sujet ?

Il ne présente pas de difficulté particulière dans sa formulation. La consigne est claire : « la directrice de l’éducation vous demande de rédiger à son attention, exclusivement à l’aide des documents joints, une note sur la qualité alimentaire dans la restauration scolaire ».

Les attentes sont également précisées : « Les élus souhaitent aller au-delà des obligations réglementaires en matière de qualité de l’alimentation et explorer les possibilités de liens avec les producteurs locaux. »

La principale difficulté consiste donc à identifier le double enjeu de la commande :

EnjeuCe qu’il faut identifier
Cadre réglementaireLes obligations en matière de qualité de l’alimentation
Organisation territorialeLa volonté des élus d’aller au-delà de ces obligations et d’explorer les liens avec les producteurs locaux

Le candidat doit donc comprendre que la commande ne se limite pas aux obligations réglementaires. Il demande également d’identifier, dans les documents, les éléments permettant d’aller au-delà de ces obligations grâce à une organisation territoriale adaptée.

Comment analyser la commande ?

Avant de consulter les documents, il est important de prendre le temps d’analyser et de délimiter la commande. Ici, cette analyse permet surtout d’identifier deux attentes : présenter les obligations réglementaires et aller plus loin sur la question de l’approvisionnement local.

Comment identifier précisément ce qui est demandé au candidat ?

Après avoir lu la commande, consacrez 10 minutes à son analyse. Sur votre brouillon, construisez un tableau en trois colonnes et mobilisez vos connaissances personnelles sur les enjeux pour :

  • les services ;
  • les élus ;
  • les administrés.

Il ne s’agit pas d’ajouter dans la note des éléments extérieurs aux documents. Ces connaissances servent uniquement à mieux comprendre les attentes et à construire plus rapidement la réponse.

Mon conseil pédagogique : consacrer 10 minutes à cette analyse permet de s’approprier la commande avant de se lancer dans la lecture des documents. Vous évitez ainsi de passer à côté d’éléments importants parce qu’ils ont été mal compris.

Comment délimiter le sujet pour éviter le hors-sujet ?

L’analyse de la commande fait apparaître deux attentes complémentaires :

AttenteÉlément à traiter
Présenter le cadreLes obligations réglementaires
Aller au-delà de ce cadreLes propositions concernant l’approvisionnement local

Cette distinction permet d’éviter le principal piège de ce devoir : se concentrer uniquement sur la loi EGAlim, présente dans de nombreux documents, et ne traiter finalement qu’une partie de la commande.

Quels documents du dossier fallait-il exploiter en priorité ?

Ici, les documents 3 et 6 sont les deux documents pivots à exploiter en priorité. Ils sont complémentaires : le document 3 apporte plusieurs retours d’expérience, tandis que le document 6 permet d’identifier le cadre réglementaire et plusieurs outils existants.

Quels sont les deux documents pivots ?

Un document pivot contient des idées permettant d’alimenter plusieurs sous-parties du devoir, notamment sur les enjeux et le cadre réglementaire. Or, il est rare de trouver un seul document qui rassemble tous ces éléments. C’est pourquoi, dans le cadre de notre méthodologie, nous conseillons à nos élèves de sélectionner deux documents pivots complémentaires pour faciliter la prise de notes.

Pour cette annale, il s’agit de :

Document pivotPourquoi le sélectionner ?
Document 3Il propose plusieurs retours d’expérience.
Document 6Il rassemble les textes réglementaires existants, sans se limiter à la loi EGAlim : loi AGEC, loi Climat et Résilience. Il évoque également des outils comme Ma Cantine et les PAT.

Mon conseil pédagogique : si vous hésitez entre deux documents pivots le jour du concours, retenez les deux. S’ils ont attiré votre attention, ils peuvent être complémentaires. La méthode consiste à  les exploiter dès le départ afin d’orienter la sélection des idées pour la suite du travail.

Les articles, notamment ceux de La Gazette, peuvent également aider à repérer des documents pivots : ils condensent des éléments législatifs et présentent des témoignages sur des projets menés par d’autres collectivités. Ces retours d’expérience permettent d’identifier ce qui fonctionne, mais aussi les dysfonctionnements à éviter.

Comment repérer les documents utiles à partir du sommaire ?

La lecture de survol et l’analyse du sommaire prennent 20 minutes. L’objectif est de flécher les documents selon trois besoins :

  • le cadre réglementaire ;
  • les enjeux ;
  • les solutions.

Pour effectuer ce premier classement, concentrez-vous sur les mots-clés du titre, la date et la source du document.

Ici, la recherche des leviers territoriaux conduit à distinguer les documents juridiques de ceux susceptibles de présenter des moyens d’action.

DocumentIndice repéré lors de la lecture du sommaire
1 — « En régie ou en externe, les fermes municipales en pleine croissance » — lagazette.fr, 3 mars 2025, 2 pages« Fermes municipales » : levier probable
2 — « Enquête 2024. La restauration scolaire » — Association des maires de France, juin 2024, 3 pagesTitre trop vague : à confirmer par une lecture de survol
3 — « Agriculture, alimentation : de l’agriculteur au cuisinier, ils imaginent la restauration scolaire de demain » — Saint-Malo Agglomération, 31 décembre 2024, 2 pages« Ils imaginent » suggère de l’innovation et de probables leviers
4 — « INRAE : pour une alimentation saine et durable en restauration scolaire »(extrait) — INRAE, mars 2025, 2 pagesLa source indique un document technique
5 — « Agriculture : ces villes qui retrouvent la clé des champs » — lagazette.fr, 30 octobre 2023, 4 pagesRetours d’expérience susceptibles de présenter des leviers territoriaux
6 — « Application de la loi Egalim dans la restauration collective : le gouvernement demande de passer à la vitesse supérieure » — Maire Info, 7 février 2024, 2 pagesDocument juridique
7 — « Égalim : 7 clés pour réussir l’approvisionnement local des cantines scolaires » — pleinchamp.com, 7 avril 2024, 3 pagesDocument juridique
8 — « Y aura-t-il une obligation d’approvisionnement en produits locaux dans la restauration collective ? » — lagazette.fr, 21 février 2024, 2 pagesLa notion d’« obligation » oriente vers le juridique
9 — « Loi EGAlim en restauration collective : notre résumé en 5 points »(extraits) — Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, octobre 2022, 3 pagesDocument juridique
10 — « Dans cette cantine près de Sablé-sur-Sarthe, les enfants mangent local »— actu.fr/pays-de-la-loire, mars 2024, 1 pageRetour d’expérience clairement identifiable : leviers territoriaux

Dans quel ordre exploiter les documents ?

L’ordre d’exploitation retenu est le suivant :

  1. Documents pivots : 3 et 6 ;
  2. Documents juridiques : 7, 8 et 9 ;
  3. Documents présentant des moyens d’action et des solutions : 1, 5 et 10 ;
  4. Document technique : 4 ;
  5. Document statistique : 2.

Les documents juridiques 7, 8 et 9 se suivent également dans le dossier. Celui-ci étant imprimé en recto verso, cet ordre facilite leur exploitation sans avoir à séparer les documents.

Quels exemples utiliser pour illustrer la note ?

Les retours d’expérience des collectivités permettent d’illustrer les idées développées dans la note. Leur sélection doit cependant tenir compte de la collectivité présentée dans la commande.

Mon conseil pédagogique : privilégiez les exemples de collectivités dont la taille est comparable à celle de la commande. Les enjeux, les moyens d’action et les impacts diffèrent entre une commune de 10 000 habitants et une métropole de 200 000 habitants.

Comment organiser les informations du dossier ?

Les informations peuvent être regroupées autour de deux grands axes : la qualité alimentaire et les moyens d’action.

Quelles informations regrouper autour de la qualité alimentaire ?

Les informations relatives à la qualité alimentaire se répartissent en deux ensembles :

  • le cadre réglementaire ;
  • les enjeux sanitaires, environnementaux, éducatifs et territoriaux.

Ces deux ensembles permettent de faire apparaître la première grande partie du devoir.

Quelles informations regrouper autour des moyens d’action ?

Pour construire la deuxième partie, il faut regrouper les leviers territoriaux identifiés dans les documents 1, 3, 5 et 10.

Les idées à extraire portent sur :

  • les PAT ;
  • la commande publique ;
  • les producteurs ;
  • l’organisation du service ;
  • la formation ;
  • les menus ;
  • le gaspillage ;
  • le suivi.

Ce regroupement permet de faire apparaître les moyens d’action répondant à la commande.

Quelle problématique retenir ?

La problématique doit faire apparaître les différents éléments présents dans la commande : améliorer la qualité alimentaire, développer l’approvisionnement local, respecter les exigences réglementaires et prendre en compte les contraintes du territoire.

La problématique retenue est donc :

Comment les communes peuvent-elles améliorer durablement la qualité alimentaire de la restauration scolaire tout en développant un approvisionnement local conforme aux exigences réglementaires et aux contraintes des territoires ?

Vous préparez le concours de rédacteur territorial ? Bénéficiez d’une préparation complète pour acquérir la méthode attendue par le jury, vous entraîner sur des sujets corrigés et mettre toutes les chances de votre côté le jour des épreuves.

Quel plan proposer pour ce sujet de note de synthèse ?

Le plan retenu répond à la commande en deux temps : présenter le contexte, avec le cadre réglementaire et les opportunités du projet pour le territoire, puis présenter les solutions existantes.

Quel plan retenir ?

I) Une restauration scolaire désormais engagée dans une démarche globale de qualité alimentaire

A) Des règles administratives encadrées sur le plan juridique

B) Des avantages majeurs, vecteurs de réelles opportunités

II) Les difficultés à maîtriser pour une amélioration durable de la qualité alimentaire

A) Des dysfonctionnements constatés

B) Les exigences à adopter pour assurer sa réussite

Pourquoi ce plan répond-il à la commande ?

Le plan permet au commanditaire, qui connaît peu ou pas la thématique, de disposer d’abord du contexte, puis des solutions existantes.

PartieRéponse apportée à la commande
I.APrésenter le cadre juridique
I.BPrésenter les enjeux, les opportunités et les impacts sur le territoire
II.AIdentifier, à partir des retours d’expérience des collectivités, ce qui ne fonctionne pas
II.BIdentifier, à partir de ces retours d’expérience, ce qui fonctionne

Le plan articule ainsi le cadre juridique, les enjeux territoriaux et les solutions issues des retours d’expérience des collectivités.

Pour comprendre comment construire les parties et sous-parties, consultez notre plan type d’une note de synthèse.

Corrigé : quelles idées fallait-il développer dans chaque partie ?

Le corrigé s’organise autour de quatre axes : le cadre juridique de la qualité alimentaire, ses opportunités pour le territoire, les difficultés liées à l’approvisionnement local et les adaptations nécessaires au sein du service de restauration.

I.A. Des règles administratives encadrées sur le plan juridique

La restauration scolaire est soumise à des exigences croissantes en matière de qualité et de durabilité de l’alimentation.

  • La loi EGAlim constitue le socle de cette évolution. Depuis le 1er janvier 2022, la restauration collective publique doit proposer au moins 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. Ces proportions sont appréciées en valeur d’achat. (Documents 6, 8 et 9)
  • La loi Climat et Résilience renforce ces obligations. Depuis le 1er janvier 2024, 60 % des viandes et produits de la pêche servis en restauration collective doivent répondre aux critères de qualité et de durabilité prévus par les textes. (Documents 6 et 8)
  • Le cadre législatif impose également la diversification des sources de protéines, avec notamment un menu végétarien hebdomadaire dans les cantines scolaires. (Documents 6 et 9)
  • Les collectivités doivent agir sur la réduction du gaspillage alimentaire, à la fois objectif environnemental et levier de maîtrise des coûts. (Document 9)
  • Les textes prévoient la réduction puis la suppression de certains contenants et ustensiles en plastique afin de limiter leurs impacts sanitaires et environnementaux. (Document 9)
  • Les gestionnaires doivent informer les usagers et rendre compte de leurs pratiques d’approvisionnement, notamment au moyen de la plateforme « Ma Cantine ». (Documents 6 et 9)
  • La mise en œuvre de ces obligations reste difficile : 18 % des communes interrogées par l’AMF respectaient simultanément l’objectif de 50 % de produits durables et de qualité et celui de 20 % de produits biologiques. Les principales difficultés concernent le coût, l’offre disponible et la logistique. (Document 2)

Idée directrice à faire ressortir : la qualité alimentaire est passée d’une démarche volontariste à une politique publique fortement encadrée, avec des objectifs quantifiés et plusieurs obligations complémentaires. Leur mise en œuvre demeure toutefois difficile pour de nombreuses communes.

I.B. Des avantages majeurs, vecteurs de réelles opportunités

Au-delà des obligations légales, l’amélioration de la qualité alimentaire poursuit plusieurs objectifs sanitaires, éducatifs, environnementaux et territoriaux.

OpportunitéÉléments à développer
Santé et équilibre alimentaireProduits frais, de qualité et moins transformés, diversification des aliments. (Document 4)
Éducation alimentaireDécouverte de nouveaux produits, dégustations, rencontres avec les producteurs et implication des enfants. À Saint-Coulomb, le cuisinier participe à la mise en relation entre le producteur et l’enfant. (Document 3)
Réduction du gaspillageTravail sur les quantités, les pratiques de restauration et la sensibilisation. À Miniac-Morvan, l’implication des élèves, le mini-self et la table de tri ont contribué à diviser le gaspillage par deux. (Document 3)
EnvironnementRéduction de certaines distances de transport, limitation des emballages et modes de production plus durables. À Avignon, la politique alimentaire est associée à la suppression du plastique et à des livraisons moins carbonées. (Document 4)
Agriculture localeLa commande publique constitue un débouché régulier pour les exploitations lorsque les volumes et conditions d’achat sont compatibles avec leurs capacités. (Documents 3, 5 et 7)
Résilience et souveraineté alimentairesMeilleure connaissance des capacités agricoles, préservation du foncier et réduction de la dépendance à des circuits d’approvisionnement éloignés. (Document 5)
Dynamisation du territoireMise en relation des collectivités, agriculteurs, établissements de restauration, associations et habitants, notamment à travers les PAT. (Documents 4 et 5)
Travail des équipes de restaurationLe travail avec davantage de produits bruts et la relation directe avec les producteurs peuvent redonner du sens au travail des cuisiniers. (Documents 1, 3 et 4)

Idée directrice à faire ressortir : dépasser les obligations réglementaires présente un intérêt multidimensionnel : santé publique, éducation, environnement, agriculture, économie locale et résilience du territoire.

II.A. Des difficultés structurelles et organisationnelles à lever pour développer l’approvisionnement local

Développer l’approvisionnement local suppose de rapprocher les besoins de la restauration scolaire des capacités de production du territoire.

  • L’offre locale ne correspond pas toujours aux besoins. Les collectivités recherchent des volumes importants et réguliers, alors que les exploitations peuvent être de petite taille et soumises à la saisonnalité. (Document 7)
  • Les filières locales peuvent être insuffisamment structurées. Production, transformation, conditionnement et distribution doivent être organisés. Des légumeries, plateformes d’approvisionnement ou structures coopératives peuvent répondre à cette difficulté. (Document 5)
  • La logistique constitue un frein majeur. Les producteurs ne disposent pas nécessairement des moyens permettant de multiplier les petites livraisons. (Document 7)
  • Le bassin agricole doit être identifié. Il faut connaître les productions, leur saisonnalité, les volumes disponibles et les capacités de livraison. Les PAT et la cartographie des ressources alimentaires permettent ce travail. (Documents 4, 5 et 7)
  • Les PAT permettent de structurer la démarche. Ils facilitent les relations entre producteurs, collectivités, cuisiniers et autres acteurs de l’alimentation. (Documents 5, 6 et 8)
  • La mutualisation permet de regrouper les besoins de plusieurs collectivités ou établissements afin de sécuriser les volumes et de rationaliser la logistique. (Documents 4, 5 et 7)
  • Les menus doivent s’adapter à l’offre agricole, à la saisonnalité et aux variations de produits ou de calibres. (Documents 1 et 7)
  • L’achat local reste soumis au droit de la commande publique. La proximité géographique ne peut pas constituer à elle seule un critère de sélection d’un fournisseur. (Documents 8 et 9)
  • Les marchés publics peuvent être adaptés aux capacités des producteurs grâce au sourcing, à l’allotissement et à certains critères environnementaux ou liés au développement des approvisionnements directs, dans le respect du droit. (Documents 8 et 9)
  • Les agriculteurs peuvent être accompagnés par la structuration des filières, la préservation du foncier, l’aide à l’installation ou des outils collectifs de transformation et de distribution. (Documents 1 et 5)
  • La ferme municipale constitue une solution plus intégrée mais exigeante. Mouans-Sartoux, Carpentras ou Villejuif produisent directement une partie des denrées nécessaires à leur restauration collective. Cette solution nécessite du foncier, des investissements, des compétences agricoles et des moyens humains. (Document 1)

Idée directrice à faire ressortir : l’enjeu n’est pas simplement d’acheter davantage local, mais d’organiser un système territorial d’approvisionnement conciliant les besoins de la restauration scolaire, les capacités de production locales et les règles de la commande publique.

II.B. Les exigences à adopter pour assurer la réussite de la démarche

L’approvisionnement ne suffit pas à lui seul. Le développement d’une alimentation scolaire de qualité et davantage ancrée dans le territoire nécessite également d’adapter l’organisation du service de restauration.

  • Choisir un mode de gestion cohérent avec les objectifs poursuivis : régie directe ou délégation, selon les objectifs de qualité, de maîtrise des approvisionnements et de coûts.
  • Former et associer les professionnels de la restauration au travail des produits bruts, aux protéines végétales, aux menus alternatifs et à la gestion des quantités.
  • Adapter les menus à la saisonnalité et aux productions disponibles, en renforçant la coordination entre les services de restauration et les fournisseurs.
  • Introduire davantage de souplesse dans les commandes pour tenir compte des variations de produits, de volumes ou de calibres et des contraintes de la production agricole.
  • Réduire le gaspillage alimentaire grâce à l’ajustement des portions, au suivi des quantités consommées, à l’adaptation des menus et au suivi des déchets.
  • Associer les enfants par la découverte des aliments, les dégustations, la sensibilisation au gaspillage et les rencontres avec les producteurs.
  • Sensibiliser les familles à l’origine et à la qualité des produits, à la saisonnalité, aux menus végétariens, au gaspillage et à l’évolution du coût des repas.
  • Piloter la démarche avec des indicateurs : part de produits durables et de qualité, produits biologiques, origine des approvisionnements, achats, déchets alimentaires, coût matière par repas et satisfaction des usagers.
  • Utiliser « Ma Cantine » pour suivre les approvisionnements et les objectifs issus de la loi EGAlim.
  • Anticiper les contraintes financières liées aux approvisionnements, aux investissements, à la formation et aux éventuels besoins supplémentaires en personnel. La réduction du gaspillage, l’adaptation des menus et une meilleure maîtrise des quantités achetées peuvent en compenser une partie.

Idée directrice à faire ressortir : la réussite de la démarche repose à la fois sur l’organisation du service, les pratiques professionnelles, l’implication des enfants et des familles, le suivi des résultats et la maîtrise des contraintes financières.

Quelles erreurs fallait-il éviter sur ce sujet ?

Trois erreurs principales pouvaient conduire à une mauvaise réponse à la commande de ce sujet corrigé note de synthèse rédacteur territorial : se focaliser sur une seule dimension de la commande, juxtaposer des solutions sans lien logique et oublier les contraintes du projet.

1. Se focaliser uniquement sur la loi EGAlim ou les circuits courts

La première erreur consistait à réduire la commande à la loi EGAlim ou à ne traiter qu’une partie de la commande, notamment les circuits courts.

2. Présenter une liste de solutions sans lien logique

Une autre erreur consiste à établir une liste « à la Prévert » de solutions, sans articulation logique entre les idées.

Je constate cette erreur chez de nombreux élèves : les idées sont parfois présentées sous la forme d’une succession de tirets. Cette présentation est à exclure.

3. Oublier les contraintes organisationnelles et financières

Enfin, il fallait intégrer les contraintes organisationnelles et financières. Les oublier aurait montré l’incapacité à identifier certains enjeux susceptibles d’avoir un impact sur la réussite du projet.

Comment s’entraîner à partir de ce sujet corrigé ?

Les annales de note de synthèse de rédacteur territorial de ce concours de la fonction publique territoriale permettent de s’entraîner dans les conditions réelles de l’épreuve et de développer les compétences d’analyse et de réflexion. À partir d’une annale, entraînez-vous à travailler successivement quatre réflexes :

  1. analyser la commande ;
  2. repérer les documents pivots ;
  3. identifier les documents présentant des moyens d’action ;
  4. construire le plan.

Cette annale constitue ainsi un exemple concret de note de synthèse de rédacteur territorial permettant de confronter son propre travail de rédaction à la correction proposée.

Pour aller plus loin, consultez notre préparation au concours de rédacteur territorial.

À retenir : la difficulté de ce devoir ne résidait pas seulement dans la connaissance du cadre réglementaire. Il fallait relier qualité alimentaire, enjeux territoriaux, approvisionnement local et organisation de la restauration scolaire pour construire une réponse équilibrée à la commande.

Sources :

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